Le fondateur de Swapfiets parle de son engagement pour des villes plus vivables

Chez Swapfiets, nous pensons que le vélo est la clé d'une ville plus vivable. Le concept de "villes vivables" est au cœur de toutes nos actions. Le chef de file de ce mouvement est le fondateur de Swapfiets et son Directeur du développement durable, Richard Burger. Nous l'avons interrogé sur sa vision des villes vivables et sur la façon dont Swapfiets contribue à leur développement.

Swapfiets_0986-1.jpg
  • jpg
Commençons par le commencement. Qu'est-ce que le terme "villes vivables" signifie pour vous ?

C'est un concept vaste. Une ville vivable passe bien sûr par un bon système éducatif et hospitalier, mais chez Swapfiets, nous nous concentrons sur la mobilité durable. Le vélo est la solution pour rendre de nombreuses villes plus vivables. Imaginez : un air plus pur, un environnement plus sûr, une meilleure forme physique et plus de contact social, car les gens sont plus ouverts les uns aux autres. Le vélo laisse plus de place pour d'autres activités. De plus, notre concept facilite la pratique du vélo pour les personnes qui en font depuis longtemps, mais aussi pour celles qui n'en font pas encore, puisqu'elles peuvent y accéder grâce à notre offre simple et abordable. Inutile de passer du temps à étudier le coût et les caractéristiques techniques d'un vélo. Il suffit de choisir le Swapfiets qui correspond à vos besoins et de vous mettre en selle. Voilà pourquoi nous sommes adaptés en ville en matière de mobilité.

Le deuxième aspect d'une ville vivable, c'est qu'un vélo doit être produit. Il doit ensuite être maintenu et réparé, puis il doit encore être manipulé à la fin de sa vie. Dans de nombreuses villes où le vélo est légion, vous pouvez apercevoir des vélos abandonnés, cassés ou peu sécurisés, et de nombreuses pièces de rechange sont nécessaires. Avec un modèle circulaire, nous essayons de centraliser tout ça. Vous ne payez que pour l'utilisation du vélo. Quand vous ne l'utilisez plus, vous le rendez. Quand il a besoin de réparations, nous nous en occupons pour vous. Nous récupérons toujours le matériel pour le transformer en quelque chose d'utile. Selon moi, le vélo est le meilleur moyen de créer une ville plus vivable. L'utilisation raisonnée des matériaux nous permet de produire moins de déchets et de consommer moins de matières premières. Pour moi, ces deux choses rendent une ville plus vivable.

Comment cette mission est-elle née ?

On ne part pas avec cet objectif, mais on ne part pas de rien non plus. Disons qu'on a constaté un phénomène. Les Pays-Bas sont le pays du vélo par excellence, mais beaucoup de personnes considèrent qu'il est contraignant d'en posséder un. Vous devez l'amener chez le réparateur ou, si vous le réparez vous-même, il vous faut des connaissances et des pièces de rechange. Tout ça pour vous apercevoir ensuite que l'éclairage ou les freins ne fonctionnent plus. Comment un vélo, qui est pourtant une bonne chose, peut-il être une telle source de problèmes ? Comment peut-on remédier à cela ? C'est comme ça qu'on a imaginé le "bike as a service". Petit à petit, on s'est aperçu qu'il s'agissait d'un modèle circulaire. Il présente des avantages autant pour nos membres que notre planète. De plus, notre concept ne fonctionne que dans les villes. C'est ainsi qu'est née l'idée de villes vivables. Et ça ne se limite pas à la location de vélos : ça passe aussi par la façon dont nous aménageons nos magasins, le type d'électricité que nous utilisons, les changements que nous essayons d'opérer dans le secteur et les initiatives que nous lançons avec les acteurs locaux. Et nous créons également de nombreux emplois. Une ville vivable, ça va beaucoup plus loin qu'un vélo.

Est-ce que cette solution est plus durable que celle d'acheter un vélo qu'on garderait toute notre vie ?

À court terme, utiliser des produits existants plus longtemps a généralement l'effet le plus positif en matière de durabilité. Toutefois, cela dépend de nombreuses hypothèses. Si vous achetiez un vélo aujourd'hui, est-ce que vous ne l'amèneriez chez le réparateur qu'une fois par an ? La réponse dépend de chacun. Mais on sait qu'un vélo acheté en magasin tombe en panne trois fois plus vite qu'un Swapfiets, car on analyse et améliore systématiquement nos produits. Par ailleurs, la pratique du vélo continue de progresser. Entre 2020 et 2050, le nombre de cyclistes va augmenter de façon astronomique. Quitte à produire plus de vélos, faisons-le de manière circulaire et durable. Ainsi, notre impact sera moindre sur le long terme. Les vélos que nous développons ne sont pas à vendre. Pour vendre, il faut un beau vélo, des couleurs tendances et les technologies les plus avancées. Nous, nous voulons produire un vélo intemporel, qui roule bien et dure longtemps. En plus, vos besoins changent avec le temps. Si aujourd'hui vous êtes étudiant, vous opterez certainement pour un Original. Si trois ans plus tard vous commencez à travailler en ville et voulez passer au vélo électrique, vous pourrez rendre l'Original pour qu'un autre usager n'ait pas à acheter un vélo neuf. A long terme, ça fait beaucoup de personnes qui n'ont pas besoin d'acheter un vélo neuf grâce à ce système circulaire. Nous fournissons toujours un vélo en état de marche, mais ce n'est pas toujours un vélo neuf. Il pourrait avoir une rayure. Mais nous en sommes fiers.

Est-ce que les vélos Swapfiets durent plus longtemps car les usagers savent qu'ils devront les rendre un jour ?

Ça dépend. D'un côté, certains en prennent soin, de l'autre, ils se disent "tant pis si je l'abîme, c'est une location". Il y a un peu des deux. Dans l'ensemble, tout se passe bien : en moyenne, un Swapfiets nécessite d'être réparé une à une fois et demie par an. Parce que nous avons développé et amélioré nos vélos au fil du temps. Mais cela crée parfois des malentendus. Nos membres se disent "mon vélo ne tombe jamais en panne, pourquoi est-ce que je paye ?" car ils n'utilisent presque pas notre service. Mais c'est le but. Notre ambition est de produire un vélo confortable qui ne tombe jamais en panne.

Le concept de "villes vivables" concerne tous les pays dans lesquels Swapfiets opère. Comment les pays qui n'ont pas la même culture du vélo que les Pays-Bas réagissent-ils à ce concept ?

Ce n'est pas à nous de construire des pistes cyclables. Le réseau cyclable doit être existant ou se développer très rapidement. Nous nous sommes implantés à Londres et Paris, car les autorités locales sont en train d'optimiser leurs infrastructures. Elles ont besoin de nous pour remplir ces pistes cyclables. Mais même dans une ville comme Amsterdam, où le vélo est légion, nous arrivons à faire bouger les choses. Par exemple, nous récupérons de nombreux vélos perdus et nous trouvons de moins en moins de vélos abandonnés dans la rue. Dans les nouvelles villes où nous nous sommes implantés, pour un grand nombre de personnes, leur premier vélo est un Swapfiets. Mais le plus grand changement s'observe avec les vélos électriques. Nos membres qui roulent en vélo électrique délaissent leurs voitures pour faire le même trajet à vélo. Cela contribue énormément à rendre une ville vivable.

Swapfiet_Paris_04.jpg
  • jpg

Quelle est la leçon la plus importante que vous ayez apprise en tant que Directeur du développement durable ?

C'est qu'on ne peut pas tout faire tout seul. Le développement durable est un travail d'équipe. Lorsque j'ai pris ce poste, nous avons rapidement remporté quelques batailles, mais si vous voulez vraiment être durable, cela doit faire partie de votre culture d'entreprise. Il faut que ce combat soit au centre de toutes vos préoccupations. Si notre ambition est de produire un vélo circulaire, nous ne pouvons pas utiliser des pièces livrées dans des emballages non recyclables. De plus, ces pièces sont renvoyées aux Pays-Bas en camion. Il faut penser à tout. Plus un problème est important, plus nous pouvons faire bouger les choses et plus cela prend du temps. Avec l'exemple des emballages, on voit que c'est gagnant-gagnant pour tout le monde, sauf pour l'industrie des emballages. Mais en même temps, je me fiche pas mal de l'industrie des emballages.

Chez Swapfiets, vous êtes le porte-parole du développement durable. Est-ce un rôle difficile ?

J'adore parler de développement durable et j'y crois à 100%. Ce n'est pas une conviction, mais un fait : une entreprise durable est bénéfique à tous points de vue, autant pour les humains et la planète que les profits. Pour bâtir une entreprise florissante, il faut prendre en compte les profits et la vitesse. Ce qu'on fait a du sens. On a des preuves qui démontrent qu'un vélo circulaire est bénéfique pour la ville. On pourrait également affirmer que les voitures électriques sont meilleures pour la planète, mais c'est un sujet plus complexe. Je préfère être honnête quant à ce que nous avons accompli aujourd'hui et ce que nous voulons accomplir demain.

À propos

Swapfiets est la première entreprise de ‘bicycle as a service’ au monde. Fondée en 2014 aux Pays-Bas, la scale-up s'est rapidement développée pour devenir l'un des principaux fournisseurs de micromobilité en Europe avec 250 000 membres aux Pays-Bas, en Allemagne, en Belgique, au Danemark, en France, en Italie, en Espagne, en Autriche et au Royaume-Uni.

Le concept de Swapfiets est assez simple : moyennant un abonnement mensuel, les membres de Swapfiets reçoivent un vélo ou une solution de mobilité électrique entièrement fonctionnelle pour leur propre usage. Si nécessaire, un service de réparation est disponible dans les 48 heures pour réparer ou échanger directement le deux-roues sans frais supplémentaires.

Relations presse

Autres thèmes

Receive Swapfiets news on your RSS reader.

Or subscribe through Atom URL manually